Blog du mois- Novembre 2008
Moscou ou les poupées russes
Bonjour, je m’appelle Tatiana et j’ai 33 ans. Mon prénom est évocateur car je suis d’origine russe, mais je n’avais jamais eu l’occasion de partir en Russie avant l’expatriation de mon mari.
Ca fait longtemps que tu es partie ?
Nous sommes arrivés à Moscou en septembre 2006. Je ne sais pas encore combien de temps nous resterons. Peut-être deux ans, quatre ans, plus, l’avenir nous le dira !
Est-ce que Moscou représente la Russie ?
Moscou est une vitrine, et à part quelques autres grandes villes, le reste de la Russie est très différente, plus vraie certainement mais plus difficile à vivre en tant qu’expatriés. Moscou est le centre économique de tout le pays, et on n’y trouve tout ce qu’on veut à des prix parfois affolants. C’est à Moscou que vivent les gens les plus fortunés de Russie (si ce n’est pas à l’étranger), et l’étalage de richesse peut paraître parfois un peu déroutant. Et puis, comme dans tous les pays dits émergents économiquement, les gens très aisés côtoient des gens beaucoup plus pauvres qui luttent pour survivre. Vous y verrez de nombreuses « babouchkas » ayant trimé toute leur vie faire la manche dans la rue sous la neige, ou des mutilés de guerre quémander quelques sous dans le métro. Bien qu’une classe moyenne soit en train d’émerger, la vie est en général assez dure pour les habitants de la Russie. Et puis comme on dit, il vaut mieux être pauvre à la campagne que pauvre dans une énorme ville. Les produits de luxe sont beaucoup plus rares, le confort moderne est surmontable mais un lopin de terre offre la pitance quotidienne.
Est-ce que ton adaptation a été difficile ?
Je suis d’une nature plutôt curieuse, ouverte et débrouillarde, je ne peux pas dire que j’ai fait un effort particulier pour m’adapter. Peut-être parce que quelque part je suis un peu chez moi. Le plus important est d’arriver dans le pays avec des bases de russe, ce que j’avais à l’époque. Ca permet déjà de pouvoir se repérer dans le métro facilement. Ca paraît idiot mais la ville est tellement grande et peuplée que le moyen le plus facile de se déplacer est sans conteste le métro. En arrivant, il ne faut pas hésiter à continuer les cours, au moins jusqu’à pouvoir se débrouiller au quotidien. Après, tout dépend du but qu’on s’est fixé. Il n’y a rien de plus frustrant que de ne pas comprendre ce qu’on vous dit. Et puis c’est bien connu, tant qu’on ne connait pas la langue on ne connait pas le pays et on passe à côté de tout.
Il me semble aussi très important de ne pas arriver avec sa valise pleine de préjugés et un esprit négatif. Je viens de Suisse qui a la réputation d’être un pays très facile car tout roule comme sur des roulettes. Si j’étais obtuse, je ramènerais et comparerais tout par rapport à la Suisse et j’aurais de quoi me plaindre tous les jours ! C’est un comportement qu’il faut éviter si on veut bien vivre son expatriation. Par nature, notre jugement est façonné par la société d’où l’on vient. Le fait d’être prêt à trouver des différences évidentes amène l’individu à être plus tolérant envers celles-ci. Il faut savoir que le représentant de chaque culture porte un autre regard sur le monde. En Occident, les Russes sont perçus comme des êtres aussi incompréhensibles que leur « âme slave ». Mais de leur côté, vous ne pensez pas que les Russes nous trouvent différents ?
Est-ce que la Suisse te manque ?
Non, peut-être parce que nous avons la possibilité d’y retourner plusieurs fois dans l’année. Quand j’y suis, je suis contente de pouvoir respirer un peu plus d’air pur mais je m’y ennuie assez rapidement. Finalement, je pense que tout fonctionne trop bien en Suisse (le comble !), j’ai besoin d’un peu d’originalité. Et puis j’ai toujours voulu habiter dans une grande capitale, leur dynamisme, leur stimulation intellectuelle et ce côté flot humain m’enivrent. Je serai toutefois bien contente de finir mes jours en Suisse.
Ce que tu adores à Moscou ?
L’accès si facile et peu coûteux à la culture. Le métro : il est beau, pratique, rapide, propre et sûr. J’adore le fait d’y trouver des tonnes de magasins ouverts 24/24h. Je ne me lasserai jamais de son histoire, de son rythme trépident et des découvertes que je fais quotidiennement.
Ce que tu n’aimes pas à Moscou ?
Les coupures internet ou de téléphone qui peuvent durer plusieurs jours sans qu’on sache pourquoi. Les inondations assez fréquentes dans les appartements car les canalisations sont très vétustes. Le trafic incessant et les innombrables bouchons. Les hommes qui crachent dans la rue.
Quand as-tu crée ton blog, et pour quelle raison ?
Je l’ai crée quelques mois après mon arrivée. En fait, l’idée de sa création m’est arrivée par hasard. Je passais beaucoup de temps à écrire à mes amis, leur racontant mes aventures et leur décrivant ma vie. Je me suis alors dit qu’en créant un blog, tout le monde aurait accès en même temps à mes histoires sans que j’aie à les réécrire plusieurs fois. De fil en aiguille, un billet en amenant un autre, je l’ai beaucoup développé, créé différentes rubriques et alimenté de nombreuses photos. Au début j’y passais beaucoup de temps. Aujourd’hui je m’organise différemment mais il est toujours ma drogue. Mon objectif a beaucoup changé au fil des mois, et il est devenu très important de faire découvrir aux francophones un pays différent du leur et peu connu. Dans le meilleur des cas, je leur donnerai envie de franchir la frontière du plus grand pays du monde.
Quand t’es-tu inscrite sur expat-blog ?
Je me suis inscrite en octobre 2008. En naviguant par hasard sur internet, je suis tombée dessus et j’ai remarqué qu’il y avait encore peu de blogs sur la Russie !
Moscou ou les poupées russes
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