Tambour Major

Je suis un jeune homme (si si, à 34 ans on est encore un jeune homme) natif de Toulouse, la belle Ville Rose. J'ai grandi dans la campagne toulousaine, au milieu des vignes et des champs de blé. Je suis juriste de profession.

Comment t'est venue l'idée de t'installer à Buenos Aires?

L'idée de partir à l'étranger me trotte dans la tête depuis je crois 3 ans mais les conditions pour pouvoir partir n'ont été réunies que cette année. L'Amérique du Sud a toujours eu ma préférence dans ce vaste projet. Au départ j'avais plusieurs options dont le Chili et l'Argentine, deux pays que je ne connaissais alors pas du tout. Finalement le choix s'est porté sur l'Argentine, de manière un peu arbitraire je dois dire. Je me rappellerai toujours de ce soir de mars 2012 où j'ai reçu le mail de confirmation. J'étais avec une amie en train de prendre l'apéro, place des Carmes, à Toulouse, il faisait très bon, on a laissé une ardoise monstrueuse.

Depuis combien de temps es-tu parti? Est-ce la première fois que tu vis loin de chez toi?

Je suis parti le 1er septembre 2012 et dois rentrer fin février 2013, ce qui fait une petite expatriation de six mois. Ce n'est pas une réelle expatriation en ce sens que je ne m'installe pas définitivement ici, du moins pas pour l'instant. Et oui, c'est la première fois que je vis loin de chez moi. Mais pour l'instant cela se passe plutôt bien, je n'ai pas encore eu de passage à vide ni le mal du pays.

Comment s'est passée l'installation ?

L'installation s'est déroulée en deux temps. En septembre je travaillais et vivais à La Plata, à une soixantaine de kilomètres au sud de Buenos Aires. Les conditions d'hébergement n'étaient pas idéales (j'avais pondu quelques billets sur ce sujet d'ailleurs) et la ville, au sortir de l'hiver, étaient loin d'être particulièrement glamour... Ensuite je me suis installé à Buenos Aires, dans le quartier de Recoleta, où je coule des jours heureux. Je dois dire que je suis très bien épaulé par les personnes avec qui je travaille ici. C'est l'une d'elles qui m'a tuyauté pour mon appartement. Du coup j'ai assez peu cherché pour obtenir je crois quelque chose qui n'existe pas sur le marché traditionnel.  

Les Argentins sont-ils accueillants?

Oui, très accueillants. Il suffit d'échanger quelques phrases pour se retrouver invité à un asado ou, plus fréquemment, à partager le maté avec eux. A ce jour je n'ai eu aucune mauvaise expérience.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à Buenos Aires/en Argentine?

La première chose qui m'a vraiment surpris, c'est la façon qu'ont les argentins de conduire. Ici le piéton a moins de droits qu'un chien errant ! Et sur la route, c'est parfois le Far West...

La seconde, c'est le manque d'unité de Buenos Aires. En réalité je dirais que Buenos Aires est plus un patchwork de villages qu'une ville homogène. Il suffit parfois de traverser une avenue pour se retrouver dans un monde totalement différent.

Quelles sont les différences les plus marquantes avec la France, ton pays d'origine ?

A vrai dire, je n'ai pour l'instant pas été particulièrement frappé par quelque chose au point que les bras m'en tombent. La société argentine est très européanisée et les ressemblances avec ce qu'il se fait notamment en France sont nombreuses. Ce qui m'a le plus perturbé c'est la façon de travailler et plus particulièrement la difficulté d'anticipation. Alors qu'en France tout est planifié longtemps à l'avance et de façon très carrée, ici assez régulièrement des décisions sont prises à brûle-pourpoint qui chamboulent tout un planning, souvent d'une heure à l'autre. Du coup tout est à défaire et à refaire. Au début j'ai eu un peu de mal. Jusqu'au jour où j'ai compris qu'il fallait vivre avec cette espèce d'immédiateté et refuser de vouloir m'organiser au-delà de quelques jours à l'avance.

Toutefois, si je devais pointer une différence vraiment marquante d'avec la France, ce serait le niveau de pauvreté - d'indigence dirait-on ici - d'une certaine partie de la population. Lorsque l'on est pauvre en Argentine, on est vraiment TRES pauvre. Le spectacle des bidonvilles qui bordent les autoroutes autour de Buenos Aires est quelque chose de particulièrement percutant. Je me souviens même avoir croisé avenue Córdoba, un jour de pluie, un homme entièrement vêtu de sacs-poubelle... La fracture sociale est une réalité qui se voit au quotidien.   

Quel est ton meilleur souvenir?

Je ne sais pas si c'est mon meilleur souvenir mais je garde un souvenir très fort de mes toutes premières minutes en Argentine, à la sortie de l'aéroport d’Ezquel. Les douze heures de vol depuis Madrid ont été fort longues, et l'escale précédente fortement mouvementée au point que j'ai failli rater la correspondance. Ce soir-là j'étais heureux d'être enfin arrivé, de poser les pieds sur le sol argentin, et de voir enfin s'ouvrir les portes de cette belle aventure.

Est-ce qu'il y a des choses qui te manquent depuis que tu es installé à Buenos Aires?

Vous allez sûrement être surpris mais ce qu'il me manque le plus en Argentine, c'est le poivre moulu. Je cuisine pas mal et c'est une épice que j'utilise beaucoup. Ici on en trouve bien évidemment, mais le poivre ne semble pas faire partie des saveurs de la cuisine locale. Et, quand même, un bon gros morceau de viande grillée avec un bon coup de tour de moulin à poivre, ça vous change la vie !

Sinon, étant venu seul en Argentine, il me faut me reconstruire une vie sociale - habituellement foisonnante à Toulouse. Du coup cela génère une certaine forme de solitude que je m'emploie peu à peu à faire disparaître.

La vie d'un expat en Argentine, ça ressemble à quoi ?

En semaine, cela commence par se lever tôt car, travaillant en ce moment en banlieue de Buenos Aires, il faut compter sur la lenteur des transports en commun. Ici la ville est en éveil dès l'aurore et la circulation peut être très dense dès 7h30 du matin ! Ensuite, en avalant mon café (ou un maté), j'écoute les informations à la télévision, histoire de savoir s'il y a une grève surprise quelque part, une manifestation nationale qui va bloquer tout le pays, ou une panne dans le métro. Sans chercher à noircir un tableau qui ne l'est pas, les semaines sont régulièrement ponctuées par des événements chaotiques qui mettent un peu de piment dans le quotidien. Moi cela m'amuse assez, même si sur le long terme cela doit devenir insupportable. Le week-end, c'est repos. Une balade dans Puerto Madero, un endroit que j'aime beaucoup car très calme comparé à l'adrénaline incessante du reste de la ville, ou simplement me perdre dans les rues de Recoleta pour invariablement finir avenue Libertador où il fait bon se promener. L'avenue Santa Fé est aussi un lieu de promenade que j'apprécie beaucoup, vivant, changeant, qui traverse de nombreux quartiers dont chacun a son style et son rythme propres.

Qu'est-ce qui t'a donné envie d'écrire ce blog?

Houlà, ce blog existe depuis le 6 juin 2007, date de mon premier billet, lequel n'avait alors aucun rapport avec ce que je vis actuellement. C'était un besoin tout autant qu'une envie d'écrire qui m'animaient. J'ai commencé tout doucement et petit à petit le blog a grandi. Je suis assez heureux de ce qu'il est devenu.

As-tu déjà rencontré du monde grâce à ton blog?

Je lis et suis un nombre assez important de blogs depuis un bon petit bout de temps déjà. J'ai eu l'occasion de rencontrer beaucoup de blogueurs dont certains sont devenus des amis que je vois assez régulièrement ou avec lesquels je suis très souvent en contact via Twitter et/ou Facebook. D'ailleurs certains de ces blogueurs doivent me rendre visite ici à Buenos Aires en début d'année... C'est aussi cela la "magie" des blogs : au-delà des mots et des pixels sur un écran, il y a d'abord des personnes qui écrivent. 

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à celles et ceux qui souhaiteraient aller vivre à Buenos Aires/en Argentine ?

De foncer ! L'Argentine est un très beau pays que je prends plaisir à découvrir chaque jour davantage. Mais chaque jour me donne aussi l'intime conviction que l'Argentine est avant tout un pays qui se vit, un pays complexe, bourré de contradictions et qui ne se livre pas du premier coup d'œil. Alors venez, ouvrez grand vos yeux et votre cœur, l'Argentine et les Argentins se chargeront du reste.

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